Le monoxyde de carbone, ce danger invisible

20/10/2022

A l'approche de l'hiver et de sa traditionnelle utilisation intensive des appareils de chauffage (Chaudière, cheminée), mais aussi du contexte économique particulier de 2022, qui va pousser certain(e)s à la tentation de calfeutrer le moindre passage d'air frais, les risques d'intoxication au monoxyde de carbone (CO) sont plus que jamais à craindre.

Quels sont les risques d'exposition au monoxyde de carbone ainsi que les moyens de s'en prémunir ? Est-il nécessaire de se protégez en équipant ses locaux d'un détecteur avertisseur autonome de monoxyde de carbone (DAACO) ?

Parcourez notre dossier complet et actualisé sur ce gaz mortel.


Le CO, qu'est ce que c'est ?
Quel est le risque d'exposition au monoxyde de carbone ?
Le détecteur de monoxyde de carbone, une solution ? Est-il obligatoire ?
Quelles sont les mesures d'urgence en cas d'exposition ?



Le monoxyde de carbone, qu'est ce que c'est ?

Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz composé d'un atome de Carbone relié à un atome d'oxygène. Toxique à faible quantité, il est incolore, inodore, sans saveur et non irritant. Il n'est donc pas perceptible par les sens de l'homme. Sa densité étant voisine de celle de l'air, ce gaz se diffuse rapidement dans l'atmosphère pour former un mélange mortel.

Dans les lieux habituels de vie, le CO provient en général de la combustion incomplète de matières carbonées (gaz naturel, bois, charbon, butane, essence, fioul, pétrole, propane) causée par :

  • un manque d'oxygène dans l'air (aération de la pièce insuffisante, entrée d'air calfeutrée...)
  • la présence d'impuretés dans les matières carbonées
  • une évacuation insuffisante des gaz de combustion (conduit mal raccordé, cheminée non ou mal ramonée)
  • un dysfonctionnement de tout appareil à combustion (moteur thermique ...).

Si vous n'utilisez aucun appareil à combustion (chauffage d'appoint, poel ...) et que vos locaux d'habitation ou de votre entreprise (chauffage, four, eau chaude) sont exclusivement alimentés à l'électricité, vous n'avez pas à craindre d'intoxication au CO.


Quel est le risque d'exposition au monoxyde de carbone ?

Absorbé par les poumons lors de la respiration, il réagit avec l'hémoglobine (globules rouges) en se fixant sur celle-ci en lieu et place des molécules d'oxygène, l'empêchant ainsi de transporter l'oxygène jusqu'aux tissus. Ce processus est d'autant plus dommageable que le CO se fixe durablement sur l'hémoglobine, ce qui entraîne une asphyxie au fur et à mesure de son inhalation. L'affection qui en résulte est dénommée « intoxication oxycarbonée ».

Quelques chiffres :
  • 0,1 % de CO dans l'air : tue en 1 heure
  • 1 % de CO dans l'air : tue en 15 minutes ;
  • 10 % de CO dans l'air tue immédiatement (Incendie par exemple).

La gravité de l'intoxication oxycarbonée est donc fonction de la quantité de monoxyde de carbone fixée sur l'hémoglobine :

  • l'intoxication aiguë (absorption de fortes doses), provoque des vertiges, une perte de connaissance, une impotence musculaire, parfois un coma et un décès
  • l'intoxication chronique (absorption régulière de faibles doses), ne se manifeste que par ses signes cliniques non spécifiques pouvant faire penser à une grippe (maux de crâne, fatigue...), gastroentérites, des palpitations, l'angoisse ou autres affections bénignes. Raison pour laquelle chaque équipe de secours (Pompiers, associatifs...) est équipée d'un détecteur portatif de CO.


Le CO provoque environ 4000 intoxications par an en France dont une centaine de décès.

Les principales sources sont les systèmes de chauffage ou de production d'eau chaude (chaudières), les appareils de cuisson (cuisinière, barbecue). Ce peut être également un moteur de véhicule dans un garage sans aération, des groupes électrogènes placés dans des locaux fermés, même dans des lieux aussi règlementés que les ERP "établissements recevant du public" (salle de spectacle, restaurant patinoire, salle municipale ou lieu de culte par exemple).

En milieu professionnel, les principales sources sont les outils à moteur thermique, les engins à gaz comme les chariots élévateurs, les fours mais aussi les systèmes de production de chauffage ou d'eau chaude, les systèmes de chauffage, les groupes électrogènes.

Résultat étude Région Nord-Pas de Calais (Hiver 2007) Dispositif de chauffage au charbon

Sur 149 intoxications au CO, 74 étaient dues à un chauffage au charbon. Les appareils ont été, dans 54 % des cas, achetés neufs et 51 % ont été installés par les particuliers eux-mêmes. Près de 70 % des appareils ont été installés sans la mise en place d'une entrée d'air et 61 % des professionnels ayant installé les appareils n'avaient pas respecté les normes techniques en matière d'aération. L'installation était relativement récente pour la plupart des appareils mis en cause. Si les conduits et les appareils étaient assez régulièrement entretenus, seulement 50 % des entretiens d'appareil étaient réalisés par un professionnel. En revanche, les conduits étaient entretenus pour 70 % d'entre eux par un professionnel. Enfin, 56 % des personnes interrogées déclaraient n'avoir jamais été informées sur les moyens de prévention au CO avant leur intoxication.

Les appareils mis en cause dans les intoxications sont en général récents, mais présentent pour beaucoup un défaut d'entretien ou d'installation en terme d'aération.


Le détecteur DAACO est-il obligatoire ?

Depuis la loi Morange (08/03/2015), chaque habitation Française doit comporter au moins un détecteur de fumée. Il est utile en cas d'incendie mais ne détecte pas le CO. Cette loi ne fait pas référence aux détecteurs de monoxyde de carbone. Vous êtes donc libres d'en installer un ou pas.

Rappelons que ce gaz est à l'origine de 4000 intoxications et de 100 morts par an en France. Les enfants en sont les premières victimes. Les jeunes étudiants de 20 à 29 ans habitant dans des combles et utilisant un chauffage bon marché sont également très exposés. Il est donc fortement conseillé d'équiper les locaux à risque :

  • Production d'eau chaude (chaudière et chauffe-eau à combustible liquide ou gazeux) ;
  • Poêle et cuisinière ;
  • Cheminée ouverte, à insert ou à l'éthanol ;
  • Appareil de chauffage fixe ou mobile (d'appoint), à combustible liquide ou gazeux;
  • Groupe électrogène ;
  • Tout appareil fonctionnant avec un combustible.

Les appareils de détection devront bénéficier de la certification volontaire NF292 ou de tout autre référentiel reconnu équivalent (NF EN 50291, inscrit à la suite du marquage CE). Des défauts de fiabilité ont été signalé sur des détecteurs non labellisés.

Et dans l'entreprise alors ?

Cette préconisation vaut obligation dans le cadre professionnel. En effet, les locaux équipés d'installations pouvant provoquer l'émanation de monoxyde de carbone doivent faire l'objet d'une évaluation des risques professionnels et d'installation de dispositifs de prévention et de protection inscrits ensuite dans le Document Unique (DUerp). En fonction de l'activité de l'entreprise et des risques spécifiques à son activité, les dispositifs de détection peuvent être collectifs et autonomes ou alors individuels et/ou reliés à un dispositif de sécurité et de d'alarme générale.

installer mon détecteur de monoxyde de carbone ?

Dans l'idéal, un appareil doit être installé dans chaque pièce comportant un appareil à combustible. Des appareils supplémentaires peuvent être installés, notamment dans les pièces de vie, pour alerter rapidement les occupants.

Contrairement au détecteur de fumée qui doit être installé en hauteur, le DAACO sera préférentiellement installé à une hauteur d'environ 1m50 / 1m80 par rapport au sol.


Quelles sont les mesures d'urgence en cas d'exposition au CO ? 

Dans un local à risque et en présence d'une détection positive au monoxyde de carbone ou de plusieurs personnes présentant des signes tels que vertiges, perte de connaissance, impotence musculaire, céphalées persistantes :

  • Évacuez IMMÉDIATEMENT les lieux, en réalisant si nécessaire des dégagements d'urgence
  • Appelez les Sapeurs-Pompiers (18 ou 112)
  • Si tous les occupants ont pu évacuer les lieux, garder les fenêtres et portes fermées peut être une option intéressante pour que les Sapeurs-Pompiers puissent réaliser des relevés donnant une idée exacte du taux d'exposition des victimes

  • Pratiquez immédiatement un massage cardiaque si la victime ne respire pas.
  • L'installer sur le côté, en Position Latérale de Sécurité si celle-ci respire de manière claire et évidente.
  • La recherche de respiration dure 10 secondes maximum. En l'absence de signes clairs et évidents de respiration, un massage cardiaque sera entrepris sur un sol dur.

Pour une victime consciente, l'installer à l'air libre et à l'abri dans une position de confort pour respirer. Éviter de l'allonger, sauf en cas de troubles de la conscience.

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